Le diable vous propose un souhait, qui peut changer votre vie, est-ce que vous oserez accepter son...offre ?
 
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 Les chasseurs

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Rodrick Percevil
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MessageSujet: Les chasseurs   Lun 8 Déc - 22:02


Les chasseurs

Chapitre Ier: The crow is hungry •

J - 305

Comme vous le savez déjà tous, en plus d'être un simple conteur, je suis également la personne qui accompagne Rodrick dans ses aventures en tant que bras droit et plus fidèle allié. Je ne me suis jamais présenté, mon nom est Ludovick Brock. J'ai rejoint Rodrick environ deux semaines après que ce dernier ait signé son contrat avec le diable en personne. Loin de savoir toute la vérité sur lui alors que je lui jurais allégeance, il m'expliqua toute la situation quelques jours plus tard. Cela fait déjà plus d'un mois que nous traquons Prey's Bird pour une histoire vengeresse. Deux mois se sont déjà écoulés depuis que mon camarade a signé ce contrat le liant au mal ultime. Bien que je le considère comme un véritable ami, comme un allié indéniable, je ne peux m'empêcher de ressentir une certaine crainte lorsque je pense à ce qui allait bien pouvoir se passer suite à sa transformation complète en démon. Perdrait-il tout contrôle de lui-même et se débarrasserait-il de moi dès qu'il en aurait l'occasion sans même avoir le moindre remords ? Je ne puis répondre à ce genre de questions, mais elles ne peuvent s'arrêter de m'angoisser alors que je ferme les yeux le soir à quelques mètres de lui. Son air sérieux et froid me rend mal à l'aise, tandis que lorsque son visage s'illumine pour laisser échapper un sourire ou même un rire, je ne peux m'empêcher de me sentir apaiser. Il me fait peur en même temps que je l'admire.

Nous étions assis ensemble, face à face dans un petit bar de la tour Bicéphale, bien que je ne me souvienne pas du numéro de l'étage auquel nous nous trouvions, je me rappelle plus que pertinemment de l'ambiance qui y régnait, les chants d'hommes enivrés par l'alcool, qu'il soit fort ou non, les femmes qui accompagnaient ces derniers dans leur dépravation. Une scène bien pathétique à laquelle nous faisions face, mais nous n'avions guère le choix si nous désirions arriver au bout de notre recherche. Assis à cette table métallique dans le coin de l'établissement, nous attendions notre informateur amadoué par les soins du chasseur qui me faisait face. Ce dernier devait nous ramener moult nouvelles sur notre proie, sous-fifre de la confrérie Prey's Bird, il avait décidé de grossir les rangs de l'organisation afin de se faire connaître. N'ayant jamais réussi par ses propres moyens à se faire remarquer grâce à ses compétences en tant que technicien, il avait décidé de passer par la confrérie afin de faire entendre son nom par la destruction. Tentative bien puérile quand on sait qu'il était désormais sur la liste du pire oiseau de proie qui puisse exister, j'ai nommé Rodrick Percevil. Les corbeaux ne sont certes pas des oiseaux dits de cette catégorie, mais mon camarade allait se charger de corriger cette erreur en devenant le premier corbeau à manger d'autres oiseaux de proie.

Le temps passait et nous attendions toujours celui qui devait nous remettre les données qui nous étaient si cruciales pour continuer notre opération du jour. Commençant fortement à s'impatienter, Rodrick restait le regard fixé sur l'entrée de l'établissement, n'émettant aucun bruit qui ne suit audible avec le brouhaha ambiant. Ses doigts entremêlés sous son menton, il venait de terminer son deuxième verre depuis notre arrivée. Dans le fond de son verre, les quelques dernières bulles pétillantes de sa bière brune commençaient à disparaitre, privées du liquide dans lequel elles reposaient quelques instants plus tôt. C'était la première fois que je le voyais s'impatienter de la sorte, habituellement les annonces arrivant plus vite. Il restait à espérer que le pauvre jeune homme accosté n'avait pas eu d'ennuis entre-temps, cela aurait été fort fâcheux. Âgé d'à peine une vingtaine d'années, le jeune homme en question s'était montré très stressé lorsque Rodrick avait commencé à parler de la confrérie en entrant dans la taverne, il l'avait donc questionné longuement avant d'apprendre qu'il connaissait un sous-frifre de cette dite organisation et que ce dernier était dans les parages.

- J'vous sert quelque chose les p'tits gars ?

Le son de cette voix était celui de la serveuse, une jeune femme à la poitrine fort intéressante. Ses cheveux bruns et son regard vert m'amadouaient, je me serais presque laissé emmener par elle afin qu'elle vole mon âme dans une dernière danse horizontale endiablée à la manière d'une succube qui dévore ses partenaires une fois l'acte terminé. Alors que je m'apprêtais à répondre à sa demande, désireux d'une nouvelle délicieuse blonde, Rodrick se leva, répondant à ma place.

- Non merci, il ne nous faut plus rien pour le moment, indiquez moi simplement les toilettes je vous prie.

Le ton calme de sa voix ne coïncidait pas avec l'impatience dont il faisait preuve depuis déjà plusieurs minutes désormais. Lui indiquant le chemin des sanitaires, il m'abandonna quelques minutes afin de se diriger vers l'endroit. C'est là, alors qu'il se vidait la vessie, qu'un homme ayant fort apparemment trop abusé sur l'alcool, le bouscula, le jet finissant forcément à côté de l'urinoir. L'homme s'installa à l'urinoir d'à coté, sans même donner d'excuses, choses qui irrita d'autant plus le jeune trentenaire. D'une voix fort posée, alors qu'il était repositionné correctement pour ne plus en foutre à côté, il s'adressa à l'homme à sa gauche.

- Vous pourriez au moins vous excuser vous ne pensez pas ?

- Va t'fayr fout'

Ce fût la seule réponse qu'il obtint suite à sa requête. Alors qu'il venait de finir d'uriner, il replaça son paquet trois pièces à l'endroit où il devait être, prenant bien soin de ne rien agripper avec la tirette de son pantalon noir. Il se dirigea vers le lavabo, faisant couler l'eau de ce dernier afin de se laver les mains comme tout le monde devrait le faire après avoir uriné. Alors qu'il terminait de s'essuyer le bout des doigts, l'autre énergumène finissait sa commission et se tournait à son tour vers le lavabo que Rodrick quittait à son tour sans oublier de bousculer cet enfoiré au passage. Reculant d'un pas, son haleine puant l'alcool sortant de sa bouche, il braillait.

- Qu'est-ce ty fous conn...ard ... T'sai pa fayr gaf' ?

Tentant de lui porter un coup de poing au visage, Rodrick l'esquiva en s'abaissant légèrement vers le coté, frappant un grand coup dans le menton de l'autre soulard. Cet unique coup suffit à lui faire perdre l'équilibre, tombant en arrière et se heurtant la tête contre le mur des toilettes réservées aux femmes bien rares dans cet endroit du bar. Totalement hors d'état de nuire pour plusieurs minutes, l'homme se fît soulever par Rodrick qui l'emmena à nouveau dans les toilettes pour hommes, l'agenouillant devant l'urinoir où il venait de se vider et y déposant la tête de son adversaire comme ultime moquerie. Il quitta les toilettes un léger sourire aux lèvres.

- La prochaine fois, tu t'excuseras pauvre con.

Il était désormais de retour dans le salle principale du bar, beaucoup de monde avait quitté les lieux, deux corps étaient couchés au milieu de la pièce, ensanglantés. L'un d'eux avait un jolie trou au milieu de la tête tandis que l'autre était transpercé à plusieurs endroits. Je tenais mon pistolet à la main alors que Rodrick s'approchait de moi en fixant les cadavres le regard visage totalement neutre. Arrivé à mon niveau, il me regarda, posa le regard sur mon arme puis se tourna vers l'un des deux corps, celui de notre présumé informateur. Rangeant mon pistolet alors que toute la clientèle restée à l'intérieur nous fixait, mon camarade posa quelques billets sur la table, d'une valeur bien supérieur à ce que nous avions consommé, il ne semblait pas s'ne préoccuper, après tout, dans moins d'un an il n'en aurait plus besoin. Le fixant, je m'exprimait.

- Nous avons été trahis, encore ...

Un énorme sourire malsain se dessina sur son visage, le genre de sourires que l'on préfèrerait ne pas voir se dessiner sur ses lèvres. Dégainant ses deux desert, les chargeant, il se tourna en se dirigeant vers la sortie, enfonçant la porte vers l'extérieur, l'enfonçant tout simplement et s'interloquant.

- Haha, ça tombe bien, j'avais faim. Allons chasser.


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Rodrick Percevil
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MessageSujet: Re: Les chasseurs   Lun 15 Déc - 22:32


Les chasseurs

Chapitre IInd: Time to hunt •

J - 305


Alors que les cadavres des deux jeunes hommes que je venais de tuer jonchaient le sol sous les regards effrayés des clients du bar, Rodrick enfonçait la porte vers l'extérieur. Cette dernière, sous la puissance du coup sortit de ses gongs et fût éjectée. Nous avions été trahis par notre informateur qui, plutôt que de faire ce pour quoi Rodrick l'avait charmé, préféra prévenir son petit groupe et revenir en mauvaise compagnie pour tenter de nous éliminer. Désormais hors d'état de nuire, notre collaborateur n'était plus d'aucune utilité. Il va sans dire que le technicien trentenaire commençait à en avoir plus qu'assez de ne pas pouvoir compter sur une aide extérieure afin de mener à bien sa vengeance dans le sang et la douleur. Alors que la porte touchait le sol environ un mètre plus loin, on pouvait déjà entendre les détonations des premières balles qui fusaient vers nous alors que nous voulions quitter l'établissement. Tous les projectiles frappaient violemment la porte de bois qui finissait enfin par s'effondrer à terre ainsi que les murs de béton de ce lieu de débauche où nous étions. Alors que les balles s'écrasaient dans la façade, nous nous mettions à couvert autour de l'entrée de la pièce, lui sur la gauche, moi sur la droite. Armés chacun de deux pistolets, nous étions prêts à nous défendre contre ces chiens de la confrérie. Un rictus des plus particuliers apparaissait sur le visage de l'ancien haut technicien, un sourire qui mélangeait angoisse et excitation, le plaisir de se retrouver face à ses ennemis et peut-être trouver parmi eux celui que nous cherchions en ce jour, l'un des officiers de bas étages qui pourrait nous conduire vers une plus haute instance de leur association répugnante, ceux qui avaient ôtés la vie à sa famille et à une partie de la mienne. Nos chargeurs pleins et nos bras en trembles de l'adrénaline montante, le brun ténébreux de la trentaine qu'était Rodrick laissa sa voix éclater dans le partie de beuverie de l'établissement, d'un ton sévère et assuré, on pouvait l'entendre résonner dans le silence s'étant emparé du lieu.

- Plutôt que de rester en position foetale comme les vulgaires couards que vous êtes, allez plutôt vous abriter à l'arrière du bâtiment, loin de nos tirs et de ceux de nos ennemis.

Ni une ni deux, tout les visiteurs se rendaient à toute allure vers l'arrière de l'établissement, cherchant à emprunter la sortie arrière pour fuir les lieux où un combat fort sanglant allait débuter sous peu. Pour sortir, ils allaient devoir passer par les toilettes et voir l'ancien opposant de Rodrick la tête dans son urine puis emprunter un fin couloir pour arriver dans une zone commerciale où aucun homme armé ne devrait être posté. Attendant que la foule entière ait quitté les lieux, il me lança un regard assuré, puis fini par me sourire avant de retrouver un visage sévère. Dehors, nous faisaient face une dizaine d'hommes, tous armés d'armes de calibres et de portées différentes. Tous planqués derrière divers pots de fleurs, bancs ou même un rebord de fontaine, ils n'avaient aucunement l'avantage de la planque tant ils étaient mal couverts. Leur nombre serait cependant un grand problème pour notre duo qui ne pouvait attendre aucun renfort même miraculeux.

- Vous êtes cernés, sortez les mains levées et tout ira bien pour vous

A ces mots, un nouveau rictus se dessina sur les lèvres du futur démon, qui plutôt que de répondre fît passer sa main légèrement dans l'encadrement de la porte pour y laisser apparaître son majeur en guise de seule réponse. Alors que sa dernière phalange disparaissait derrière le chambrant de bois, une nouvelle salve de balles vint se fracasser sur notre défense de béton, n'arrivant même pas à travers de quelques centimètres notre épais bouclier fournit par le bâtiment tout entier. Le temps que ces imbéciles rechargent, c'était à notre tour de laisser déferler sur eux l'enfer de nos quatre pistolets réunis. Trente-deux balles qui tombaient avec une puissance de 1800 joules sur nos ennemis. La plupart ricochaient sur leurs abris de fortune, mais certaines touchaient et croyez-moi, elles faisaient mal. Le bilan de notre première salve était conséquent, quatre de ces abrutis avaient été touchés, trois balles en pleine tête pour autant de morts, une dans le bassin, paralysant totalement le pauvre ayant été touché. Me regardant du coin de l'oeil, adossé à son pan du mur, il pouffa, me lâchant avec sa voix amusée une phrase qui lui était bien personnelle.

- Ca fait 3-0 mon ami, il serait peut-être temps de te réveiller. C'est pas en leur tirant dans le bassin que tu vas réussir à nous faire sortir de là.

- Il faut bien en garder un pour l'interroger.

Me souriant en montrant les dents, il laissa tomber ses deux chargeurs sur le sol pour les remplacer, passant de deux calibres .44 magnums à deux chargeurs de calibres .357 magnum, ayant ainsi une balle de plus dans chacun de ses chargeurs. Nous étions toujours deux contre six adversaires et demi si nous comptions celui que j'avais amoché avec mes tirs hésitants, car oui, Rodrick l'avait bien compris, je n'étais pas un tireur hors pair comme lui capable de tuer de sang froid mes ennemis. Bien qu'à courte distance, je ne loupe jamais ma cible, lorsqu'une dizaine de mètres me séparent de mon ennemi, j'ai du mal à ajuster le tir, sans doute à cause de l'oubli de mes lunettes au quartier général de notre duo ou plus précisément à la demeure de Rodrick.

Alors que je réfléchissais légèrement, le futur démon lui, n'attendit plus une seconde de plus et quitta sa cachette pour s'afficher comme une ombre dans l'encadrement de la porte détruite, vidant ses deux chargeurs dans une nouvelle salve meurtrière. Ses deux armes, semi-automatiques se vidaient rapidement, mais il rechargeait à la même vitesse. Avançant tout en tirant, il forçait l'ennemi à rester à couvert et parvint ainsi à se planquer plus près d'eux, derrière un banc plein, sans espace entre les planches qui le constituaient. Il posa ses deux eagles sur le sol, sortant son Taurus, chargé lui aussi. Il avait dans son avancée macabre touché quatre des six derniers adversaires viables qui nous faisaient face. Aucun n'était mort, superficiellement blessés, mais incapables sur le coup de continuer le combat. Ses balles parabellum de 9mm allaient à leur tour déferler sur le duo restant pour nous affronter. Alors qu'ils sortaient de leurs cachettes pour tirer sur Rodrick, je quittais à mon tour mon pan de mur afin de vider mes deux chargeurs sur eux, leur ôtant la vie sans autre forme de procès.

Rodrick quitta alors sa cachette, ramassant au passage ses deux eagles. Je m'approchais de lui en ramassant au passage ses chargeurs, qui seraient toujours utiles une fois rechargés. Les lui rendant, nous nous approchions de la quintette d'ennemis restants. Passant à coté du cadavre d'un d'entre possédant un fusil à pompe ordinaire, il le ramassa, ôtant la vie aux trois les plus atteints par leurs blessures, n'en laissant que deux encore en l'état de respirer. Il me fît signe d'interroger celui que j'avais paralysé au début du combat pendant que lui se chargeait de l'autre. Bien que de mon coté, l'interrogatoire ne donna que quelques vagues informations sur le lieu où se trouvait leur officier, du coté du brun ténébreux, il en fût autrement. Et alors que j'ôtais la vie à ma proie, j'entendais comment cela se déroulait juste à quelques mètres. Le canon du fusil à pompe sur le front de son ennemi, il n'y allait pas de main morte.

- Je te le répète, à moins que tu ne veuilles que je repeigne le sol de cet étage avec ta cervelle, tu as intérêt à me dire où se trouve le chef de votre branche de la confrérie.

- Par pitié, laisse moi partir !

- Réponds et je te laisserai partir !

- Il se trouve deux étages en dessous d'ici, un aigle enflammé est dessiné sur la porte d'entrée de l'établissement, vous ne pourrez pas le manquer !

Alors qu'il obtenait enfin sa réponse, Rodrick qui n'avait pas utilisé son souhait pour connaitre la vérité plaça l'extrémité du canon dans la bouche du blessé, le fixant de son regard froid comme les abysses, les lèvres serrées et n'affichant aucun signe de satisfaction ou de remord. Il appuya sur la détente et, alors que le coup partait, une quantité non négligeable de sang se répandit sur le sol de cet étage où nous trouvions enfin nos réponses. Jetant l'arme à terre, il essuyant le sang qu'il avait sur les bras et le visage, avant de me regarder avec un sourire chaleureux mais à vous glacer le sang au vue de la situation actuelle, avant de s'adresser à moi sur un ton très calme.

- Tu n'as rien contre deux étages dans l'ascenseur ?

Alors que je lui répondais avec un léger rire, nous nous mettions en route vers cette cabine qui nous mènerait deux étages en dessous. Au loin, les pas rapides de leurs renforts se faisaient entendre, mais trop tard, nous étions déjà loin. La chasse continue et elle n'est pas prête de se terminer ...



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MessageSujet: Re: Les chasseurs   Sam 20 Déc - 19:18


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Chapitre IIIème: Crow and Eagle •

J - 305


Un silence pesant s'était imposé dans l'ascenseur alors que ce dernier descendant à allure constante vers un étage inférieur. En son sein, deux personnes, Rodrick et moi étions seuls dans cette cage de métal qui nous emmenait vers notre prochaine cible. Son visage était tendu, on pouvait lire une pointe d'inquiétude dans ses traits, il était loin d'être aussi à l'aise qu'au moment où il m'avait regardé en souriant pour me parler de la descente en ascenseur quelques minutes plus tôt. Nos armes étaient chargées, prêtes à l'emploi, il ne nous suffisait plus qu'à trouver le nid de celui qu'on surnommait l'aigle afin d'en terminer avec cette courte chasse. Nous n'étions plus loin de ce premier pas vers la vengeance, nous nous approchions de lui, cet officier de bas rang dans la confrérie. Le brun ténébreux n'était pas très enthousiaste, c'était presque dérangeant de le voir se questionner alors que nous étions si proche de notre premier but. Je l'observais du coin de l'oeil, n'osant pas vraiment lui poser la moindre question de peur qu'il ne prenne cette dernière comme une intrusion dans ses pensées. Il fixait les portes automatiques de la cage, attendant patiemment que nous arrivions à l'étage souhaité, pas un mot, pas un regard, ses yeux restaient rivés sur la double porte qui allait s'ouvrir dans quelques secondes. Alors que le cliquetis synonyme de notre arrivée à destination se fît entendre en brisant ce lourd silence, je m'élançais enfin pour lui poser cette question dont la réponse ne serait probablement pas plaisante.

- Quelque chose semble te déranger Rodrick. J'aimerai savoir de quoi il en retourne avant de me jeter dans la gueule du loup avec toi. Je ne souhaite pas laisser ma peau dans cette opération uniquement car tu hésites.

Son regard se posa alors sur moi alors que les portes s'ouvraient lentement pour laisser pénétrer la synthétique lumière de l'étage dans la cage d'ascenseur où nous étions. Ses yeux étaient déposés sur moi, son regard traversant le mien, sa voix se faisait entendre, résonnant dans la petite boîte métallique qui nous avait amenée jusqu'ici. Le ton de cette dernière, hésitante ne laissait rien présager de bon.

- Tout va bien, j'ai juste un mauvais presentiment quant à la personne que nous allons rencontrer dans cette base.

Sans un mot de plus de sa part, il quitta la cage et s'avança de quelques pas dans le couloir de l'étage. Sans autre question ni réponse à lui fournir, je lui emboîtait la marche. Bien que sa réponse ne me suffisait guère, je ne pouvais me permettre de l'abandonner ainsi alors que je lui dois la vie ainsi que celles de certains de mes proches. Ce futur démon pourrait toujours compter sur mon indéfectible loyauté, et ce, envers et contre tout.

- Nous ne devrions plus être loins du bâtiment que nous cherchons.

Sa voix ne s'était guère apaisée, toujours tendu à l'idée de la personne sur qui il allait tomber en poussant les portes de ce quartier secondaire de la confrérie. Il y avait fort à parier qu'il pensait connaitre cet officier que nous chassions afin de remonter dans la hiérarchie. Ce stress laissait même suggérer qu'il pensait tomber sur un proche dans les minutes qui allaient suivre et, l'idée de devoir lui ôter la vie le décourageait peut-être. Quoi qu'il pouvait en retourner, il ne fallait pas qu'il oublie que proche ou non, cette personne avait également été une cause de la perte de sa femme et de sa fille qu'il chérissait plus que tout en ce bas monde rongé par la corruption et souillé par l'avidité des hommes. Cette avidité qui s'était également emparée de lui lorsqu'il fît la rencontre du diable en personne.

Au bout d'une dizaine de minutes de marche, nous étions enfin face au bâtiment qui nous avait été décrit par l'aspirant de la confrérie que Rodrick avait éliminé lors du combat précédent. Sur la façade, l'emblème d'un aigle enflammé, majestueux oiseau de proie encerclé par des flammes indomptables. Sur l'image, l'oiseau ne semblait pas souffrir, pire, il semblait être l'instigateur de ce feu qui se propageait autour de lui. Etait-ce un indice quant à la fonction de ce groupe au sein de la confrérie ? Des incendiaires, des poseurs de bombes, des kamikazes ayant pris ce féroce animal à plumes dominant son territoire céleste ?

Poussant un long soupir, le futur serviteur du diable poussait la porte qui s'ouvrait vers l'intérieur, laissant percevoir de plus en plus la pièce de l'entrée qui s'offrait à nous. Cette dernière était vide, des tables, des chaises et quelques autres sièges vides décoraient la pièce alors que de nombreuses peintures trônaient sur les murs aux couleurs des flammes virulentes qui étaient présentes sur leur emblème. Nous avancions à pas de loup à travers les pièces, toutes vides, armés et prêts à tirer à tout instant, nous ne croisions pas la moindre personne au rez-de-chaussée. Loin d'être découragés, nous entamions une montée vers l'étage du quartier secondaire, déboulant sur une espèce de laboratoire destiné à créer bombes et autres explosifs. Comme attendu, ce groupuscule de la confrérie était spécialisé dans les armes explosives avec lesquelles ils faisaient pas mal de dégâts. Parmi toutes les armes confectionnées ici, Rodrick trouva une bombe au gaz, la même que celles utilisées lors de l'attaque qui avait causé la mort de sa femme Laura et de sa fille sophia. La colère se lisait sur son visage, on pouvait voir sans le moindre mal qu'il allait ôter la vie au moindre adhérent de la confrérie qui lui passerait sous la main dans cette bâtisse. Prenant au passage une boule explosive dans sa poche, le jeune trentenaire se remit en route vers la pièce suivante afin d'investiguer cette dernière comme toutes les autres. Il me fît signe de visiter les autres afin de couvrir plus de terrain plus rapidement. Au bout de moins de cinq minutes, nous nous retrouvions ensemble face à la porte de la dernière pièce non encore visitée dans ce bâtiment. Les portes étaient faites d'acier, elles seraient compliquées à ouvrir à mains nues, mais me faisant signe de reculer, Rodrick sortit la boule explosive de sa poche et la lança sur les portes qui explosèrent littéralement. Alors que la fumée se dissipait, nous entrions dans ce qui semblait être le bureau de l'officier en charge de l'endroit.

Nous entrions alors dans la pièce, cette dernière était très chic comparée au reste du bâtiment. Un plancher sans le moindre coup recouvrait le sol, un tapis jaunâtre faisait office de tapissage sur les murs. Du plafond, tombaient de longs rideaux bruns foncé faites d'un tissu noble. De nombreux cadres étaient exposés sur les murs, ces derniers tous représentant la même personne, ils représentaient le chef de ce quartier secondaire, une personne de corpulence athlétique à la chevelure d'or, les yeux dont la couleur était issue d'un mélange de vert et d'un jaune orge. Cette personne représentée, ce chef, était présent dans la pièce, assit dans un fauteuil sans la moindre usure. Un verre dans la main droite, un iguane se reposant sur ses genoux, il nous fixait, amenant sa boisson alcoolisée à ses lèvres, avalant, puis nous souriant. Ses lèvres se séparaient pour laisser entendre le son de sa voix.

- Bien le bonjour à toi mon très cher cousin. J'espère que le voyage jusqu'à moi n'a pas été trop compliqué.

Alors que je tournais le regard vers Rodrick, ce dernier fixait le chef du bâtiment avec mépris, haine, colère. Ses dents serrées, il amena sa main droite à son Taurus et, le dégainant à une vitesse effrayante, tira sans la moindre hésitation. La balle, bien que tirée en visant la tête, s'écrasa à mi-chemin contre ce qui semblait être un mur invisible entre l'homme et nous. Prenant sa lézard sur son épaule, déposant son verre sur un table de bois de frêne et se levant, il s'approcha de nous, s'arrêtant devant ce mur transparent, posant sa main contre avant de s'adresser à nouveau à nous.

- Voyons Rodrick, mon cher cousin, comment peux-tu tirer sur un membre de ta propre famille ? N'est-ce pas magnifique de voir que ton cousin a réussi à se faire une place dans la hiérarchie de la confrérie ? Allons, cesses donc de t'opposer à nous et rejoins nos rangs, tu auras une place de choix après tout vu qui sont les grands chefs de notre groupe de visionnaires. Viens donc nous prêter main forte afin de prendre le contrôle de ce pays et en faire un territoire technologique qui restera à jamais dans les livres d'histoires. Un pays que même Dyonisis et ses grands guerriers redouteront. Tends moi la main cousin et rejoins-moi. L'aigle et le corbeau, un duo qui dominera les cieux !

- Plutôt mourir que de rejoindre un groupe de techniciens criminels tels que vous.

- Comment peux-tu oser m'inviter à vous rejoindre ? Comment oses-tu me demander d'oublier ma rancoeur contre le groupe qui a assassiné ma femme et ma fille ? Comment peux-tu une seule seconde songer que je pourrais oublier ce jour funeste où tes bombes ont répandu des quantités incroyables de gaz à quelques rues de chez moi, ce gaz qui a pris au piège ma famille et les a conduit à la mort lorsqu'ils sont tombés nez à nez avec l'un de tes hommes.

L'homme qui nous faisait face recula, tirant un soupir alors qu'il venait d'entendre la réaction de mon ami Rodrick. Cet homme qui était apparemment son cousin était l'instigateur de l'attaque par le gaz qui causa la perte de sa femme et de son enfant. Le tuer aurait été un premier pas vers la vengeance, mais il en serait autrement aujourd'hui. En effet, l'épais mur invisible qui se tenait entre lui et nous était infranchissable pour des balles on perforantes. Vider nos chargeurs sur ce dernier ne causerait que quelques éclats mineurs. L'homme nous tourna alors le dos, s'asseyant à nouveau dans son fauteuil, nous fixant avant d'appuyer sur un bouton situé sous la table basse où résidait son verre de whisky. Le siège commença à s'enfoncer dans le sol, la voix de l'homme se fît entendre une dernière fois avant de s'engouffrer complètement sous nos yeux.

- Dans ce cas, adieu très cher cousin. Sache que je n'ai jamais été mis au courant de ta perte. Sache également que je n'ai orchestré aucune attaque sur une quelconque ville depuis que je suis en fonction. Mais ton acharnement contre nous ne me laisse d'autre choix que de t'éliminer. Puisses-tu reposer en paix toi qui partage une partie de mon sang.

A ce mots, il disparu et un cliquetis se fît entendre à nouveau. Plusieurs explosions légères furent audibles dans les pièces avoisinantes et une forte chaleur s'empara de la bâtisse. L'homme venait de déclencher plusieurs explosions mineures dans le quartier secondaire, résultant ainsi en un incendie qui devrait nous tuer sans nous laisser la moindre chance de fuite. Nous nous mettions alors à courir vers la sortie, dévalant les escaliers à toute allure. toutes les issues étaient bloquées par les flammes, nous n'avions aucun moyen de nous enfuir. Etait-ce déjà la fin de notre aventure ? Vous vous doutez bien que non si je suis en train d'écrire ces lignes. M'attrapant le bras, Rodrick me fît signe de le suivre. Fonçant tête baissée vers une fenêtre en proie aux flammes, il se jeta dans cette dernière, traversant le verre déjà partiellement éclaté par la chaleur de l'incendie. L'ayant suivit, je me retrouvais dehors, mes vêtements complètement noirs, mais les poumons autorisés à aspirer de l'air frais.

Nous étions désormais partis loin de la bâtisse avant que les autorités ne nous voient et ne nous prennent pour les incendiaires. Couverts de saletés, nous nous étions adossés au mur d'un bâtiment vide, reprenant notre souffle, Rodrick s'adressait à moi.

- Je ne crois pas que cet incendie visait réellement à nous tuer. Connaissant mon cousin, s'il l'avait voulu, nous serions morts depuis longtemps. Je le crois quand il dit n'être au courant de rien.

- Que comptes-tu faire dans ce cas ? Même s'il est innocent, il reste notre ennemi. Après tout, toute la confrérie possède le même but et les mêmes stratégies pour y parvenir.

- Je compte le retrouver et lui ouvrir les yeux sur le groupe qu'il a rejoins, après tout, un allié dans les rangs ennemis, vois-tu quoique ce soit de plus utile ?

- Tu es complètement fou, mais ça me plait.

- C'est bien pour ça que tu me suis et que tu m'aides non ?

Dans un éclat de rire, cette conversation s'arrêta. Rodrick allait tenter de nous trouver un nouvel allié en la personne de son cousin qui avait joint les rangs de la confrérie. S'il y parvenait, je serai le premier heureux, mais je doutais malgré tout de la possibilité de le faire changer de camp. Tout le monde n'a pas le courage de commettre une telle félonie. Quoi qu'il en soit, nous étions malgré tout vivants, c'était ce qui comptait le plus.



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