Le diable vous propose un souhait, qui peut changer votre vie, est-ce que vous oserez accepter son...offre ?
 
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 Silencieuse mélodie

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Rodrick Percevil
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MessageSujet: Silencieuse mélodie   Dim 21 Déc - 18:15


Silencieuse mélodie

Chapitre Ier: Le silence, remède à ces maux ? •


Il n'était pas coutume que nous nous séparions, mais cette fois-là, Rodrick avait besoin de s'isoler, de se retrouver seul face à lui-même. Alors que je restais dans les alentours de la tour Bicéphale, cherchant de nouvelles informations sur notre prochaine cible ou sur le cousin de mon camarade, ce dernier se dirigeait seul vers un endroit inhospitalier où il ne trouverait probablement rien d'autre que de futiles ennuis et rien d'autre. Il s'était mis en route vers la cité oubliée, une île créée de la main des Westeriens soucieux d'obtenir plus d'espace pour mener à bien leurs expériences et autres recherches sur la technique. Située sur un bout de la mer, cette île était anciennement le berceau de la technique de notre pays. Laissé à l'abandon par le peuple, ce lieu est devenu vide de tout habitant légal. La nature y a repris ses droits et ne comptait pas rendre ce lieu à un quelconque humain quel qu'il soit. La faune y était sans nul doute hostile, mais le jeune trentenaire avait avancé l'hypothèse qu'une base de Prey's Bird pouvait s'y trouver, l'air de rien, à l'abri des regards. Je savais très bien que derrière cette excuse se cachait le besoin de s'isoler loin des autres humains. La découverte de son cousin dans le camp ennemi avait fait remonter en lui des souvenirs de sa femme et de sa fille, souvenirs qu'il avait trop longtemps cherché à garder enfuis au fond de lui.


Sans l'interroger sur quoi que ce soit, j'avais accepté sa demande et l'avais laissé partir en direction de cette île. Il allait visiter l'ancien centre commercial, une énorme bâtisse constituée de nombreux étages. Cet endroit était un lieu détruit par les années et la flore qui avait pris possession des lieux. Les anciennes nombreuses boutiques qui animaient l'endroit étaient méconnaissables, les enseignes impossibles à discerner donnaient une touche encore plus malsaine et sinistre à l'endroit. D'anciens articles vendus dans ces diverses échoppes jonchaient le sol à bien des endroits. C'est dans ces allées à vous donner froid dans le dos que le corbeau marchait, seul et anonyme, oubliant l'écoulement du temps, sans personne à ses côtés. Ses pas résonnaient dans le complexe marchand. Le soleil s'engouffrait à travers les larges carreaux de verres fissurés et percés par la végétation qui faisaient autrefois office de plafond. Croisant une échoppe d'armes à feu, il entra lentement, observant les lieux qu'il reconnaissait simplement grâce aux restes d'une crosse de pistolet servant anciennement d'enseigne. Il posa le regard sur les étagères, remarquant des nombreuses munitions rouillées, d'armes probablement hors d'usage et tout un tas de pièces de rechange qui, usées par le temps, les intempéries et une flore abondante, ne seraient même plus utilisées pour entrainer de nouvelles recrues à la tour Bicéphale.

Rodrick sortait du magasin en ruine, reprenant sa route à travers les arbres croissance et autres fleurs sauvages qui fleurissaient dans le creux du carrelage détruit. Il passait désormais devant un magasin de jouets, voyant sur le sol des restes d'une poupée mécanique comme sa fille adorait. Il en avait fabriqué une semblable à celle-là pour le troisième anniversaire de sa petite Sophia, elle pouvait passer des heures à jouer avec sans jamais se lasser. Il s'agenouillait devant les quelques restes de cette poupée, posant le bout de ses doigts sur les rouages qui autrefois lui permettaient d'être animée. Se brisant et glissant entre ses doigts comme l'aurait fait une poignée de sable, le brun ténébreux laissait s'échapper quelques larmes qui s'écrasaient sur le sol terreux du rez-de-chaussée après avoir coulé le long de ses joues si rarement salées par des pleurs. S'essuyant le visage du revers de la main, il se relevait, sentant le poids de la tristesse sur son dos, il n'avait d'autres choix malgré tout que de continuer d'avancer, la vie ne lui rendrait jamais ses deux précieux bijoux.

Vagabondant toujours entre ces nombreuses échoppes, Rodrick se laissait aller à visiter toutes celles qui lui passaient sous les yeux. S'imaginant ces lieux comme ils auraient pu l'être si l'île n'avait pas été abandonnée à son triste sort. Ses yeux lui offraient la douce illusion d'une foule qui marchait à travers les couloirs et passant de magasin en magasin. Il voyait Laura, sa délicieuse femme sortir d'une échoppe de bijoux, lui faisant signe sacs à la main de le rejoindre à l'étage supérieur. Empruntant l'escalator hors fonctionnement, il arrivait à ce lieu où il s'illusionnait sa femme, la prenant par la main pour aller déguster une succulente glace pendant que Sophia jouerait avec les enfants de son âge dans un lieu prévu à cet effet. Assis face à la fenêtre qui donnait vue sur une partie de l'île, le couple parlerait sagement, Rodrick buvant une boisson gazeuse et mangeant une part de gâteau chocolaté tandis que sa femme s'attaquerait à une coupe fraise, vanille que lui détestait follement. Sacs remplis de vêtements, de peluches et de bijoux les entoureraient sur le sol près de la table. Il vivrait là de nouveaux moments plaisants comme il y en avait eu tant d'autres avant.

Regardant par la fenêtre, Rodrick perçu le monde comme il était réellement, détruit et rongé par le temps et l'abandon. La chaise face à lui était détruite, la table ne tenait qu'à moitié, le sol n'était jonché de rien d'autre que de débris et autres saletés. Sa femme n'était plus là, il ne récupèrerait pas sa fille après les courses pour lui offrir les nombreux cadeaux qu'ils avaient trouvés pour elle. Non, la seule chose qui l'attendait était cette solitude dans laquelle il avait lui-même choisi de s'enfermer. De nouvelles larmes coulaient le long de ses joues, son poing frappait la table branlante qui s'écrasait sur le sol, laissant échapper un puissant bruit de fracas. Le bruit de ses pleurs s'engouffrait dans le silence pour rapidement disparaitre. Des battements d'ailes se firent entendre, les oiseaux effrayés quittaient leurs nids pour s'envoler loin du lieu où se trouvait Rodrick.

Même s'il n'était finalement pas seul en ce lieu, le futur démon ne s'était jamais senti aussi abandonné qu'en ce moment.



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Dernière édition par Rodrick Percevil le Dim 21 Déc - 23:07, édité 1 fois
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Lie Volokine
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MessageSujet: Re: Silencieuse mélodie   Dim 21 Déc - 20:56


Silencieuse mélodieRodrick Percevil & Lie Volokine



Il ne faisait pas beau. Le temps grisâtre ne me donnait pas la joie de vivre. Mais ça ne me déprimait pas non plus comme d’autres personnes. Le temps a une influence sur notre humeur. Il en a une aussi sur le mien. Je ne ressentais rien. Un immense vide en moi. Est-ce que j’aurais dû déprimer à ce moment-là ? Je me sentais comme une coquille vide à avancer sans but, sans raison. Du moins à ce moment-là j’avais l’impression de ne pas en avoir qu’en réalité j’en ai. Ma tête était vide. Tout se brouillait. Je ne sais pas pourquoi, je n’arrivais à penser à rien. À cause de mon souhait. Ça m’empêchait de déprimer. Mais là je n’arrivais tout simplement plus à réfléchir. Qu’est-ce qui m’arrivait bon sang ? Je n’arrivais même pas à m’énerver car je ne trouvais tout simplement aucun raison pour cela ! D’ailleurs je ne savais pas ce que j’étais en train de devenir. Est-ce être un humain quand on ne souffre pas ? N’est-ce pas le fait de souffrir qui rend quelqu’un vivant ?

L’angoisse.
La peur de mourir.

Une goutte tomba sur ma joue. Ma main se levait pour éviter toutes cette végétation. J’avais l’impression que toutes ces plantes étaient plus vivantes que moi. J’avançais tandis que la foule de plantes autour de moi me gênait. J’avais la sérieuse impression que l’on se moquait de moi. Pas les plantes, suis pas assez folle comme ça. Mais comme si tous ces garçons étaient derrière moi, me pointant du doigt, criant mon prénom, m’insultant à nouveau. De faible. De pantin. Qu’on allait à nouveau m’agresser. Je les entendais, plongée dans mes pensées sans regarder autour de moi, je les pensais là. Et je leur donnais raison. Quelle idée de ne plus souffrir ? N’est-ce pas ce qui me rendait plus forte ? Avant j’avais l’impression que je pouvais tout surmonter. Maintenant, avec ce souhait, j’avais l’impression d’avoir abandonnée. J’ai fait plaisir au Diable en lui offrant mon humanité. Je ne pourrais plus jamais faire d’empathie vis-à-vis de quelqu’un malheur. Mis à part l’observer pleurer, le câliner en lui sortant des mensonges pour le rassurer sans le comprendre, je ne peux plus rien faire. N’est-ce pas malheureux.

Étais-je en train de regretter mon souhait ?

Ce n’est pas possible. Pour moi. Je n’arrivais pas à me dire « Tu as fait le mauvais choix » ou encore « Tu t’es trompée ». Comment est-ce que je pourrais me dire cela alors désormais je ne souffre plus ? Que désormais je pense enfin aller mieux puisque je souris ? J’étais perdue. C’était un vrai bordel dans ma tête. Jusqu’à ce que je me rende compte que j’étais dans la cité oubliée. Je n’étais jamais venue ici même si j’étais de Westeria. Je ne connaissais pas tous les recoins de mon état. Néanmoins on voyait bien que mère nature avait repris le dessus.

J’entrais doucement, observant autour de moi. Tout avait pris la poussière ici. Tout était cassé, abîmé. J’avançais en identifiant tout ce qu’il y avait. Que des boutiques. C’était un ancien centre commercial apparemment. J’entrais dans la première boutique en vue. Une boutique de jouet. Il y avait là des jouets pour les filles et les garçons. Tout était gris, les ampoules étaient explosées, les bouts de verre traînaient au sol. Les étagères ne tenaient plus debout. Beaucoup s’étaient écroulées en brisant avec elles les jouets des enfants. Rien qui donnait envie de visiter. Néanmoins je trouvais quelque chose d’intéressant au sol. Une poupée. Une simple poupée de chiffon. Comme celle que j’avais quand j’étais petite. Ce souvenir me fit sourire. Ça me réchauffait le cœur de me souvenir du jour où mon père m’avait offert une poupée similaire à celle-là. Elle ne coûtait rien. Je la serrais contre moi, essayant de me souvenir de cette sensation de bien-être qui m’avait habitée quand je l’avais vu pour la première fois. Ce jour-là, mon père était le meilleur des papas.

Je déposais la poupée sur une table adossée au mur. La poupée souriait alors qu’elle avait perdu un œil. Je prie la boîte à musique qui était à côté de la poupée dans ma sacoche sans savoir si elle fonctionnait ou non.

« Ne t’arrête jamais de sourire, Lie. »

C’était ce que mon père m’avait dit en me l’offrant. Etrangement je souris alors que les larmes coulaient sur mes joues pour la première fois. Je ne comprenais pas. Le vide en moi grandissait brusquement. Ce vide prit toute la place dans mon cœur et je me forçais à sortir. À quoi bon se souvenir de quelqu’un qui nous a abandonné ? Je n’avais pas mal. Mes larmes coulaient juste. Sans raison.

Sourire.
Papa m’a appris à sourire.
Alors pourquoi je pleure ?

Sans comprendre, je m’assis sur ce sol si sale, me recroquevillant sur moi-même en fermant les yeux. Ce vide me rongeait. Il me bouffait. Je me calmais. Je devais me calmer. Parce que je n’avais aucune raison de pleurer. Je n’avais pas mal. Je suivis mon chemin, m’essuyant les joues avec le revers de ma main. Je montais un étage. Quelqu’un était au loin. Lentement, je m’approchais. Une main posée sur le manche de ma dague – autant prendre mes précautions, je ne le connais pas. Je continuais de m’approcher.

« Bonjour, monsieur ? »

Loin de là l’idée de le surprendre hein. Je ne voulais pas l’agresser non plus. Je trouvais juste louche qu’un homme soit sur un lieu abandonné. Après il risquait de me trouver louche aussi vu que j’étais au même endroit. Au même moment.

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Rodrick Percevil
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MessageSujet: Re: Silencieuse mélodie   Lun 22 Déc - 0:38


Silencieuse mélodie

Chapitre IInd: Celle qui ne ressentait point •



Les battements d'ailes des oiseaux se faisaient encore entendre alors que Rodrick continuait de laisser ses larmes couler, un mélange de tristesse, de colère et d'amertume glissait le long de ses joues pâles. Répandant leur goût salin sur la peau du jeune homme, ces petits ruisseaux quittaient son visage pour à nouveau s'écraser sur le sol terreux du centre commercial en ruine. Rien n'y faisait, son chagrin ne semblait pas vouloir le quitter alors qu'il continuait de fixer l'horizon délabré par les affres du temps. Sa main droite laissait un liquide tout autre s'échapper de ses phalanges, un liquide rougeâtre et vital pour tout être vivant non végétal, du sang, un mélange de globules et autres constituants. Ce liquide effectuait à son tour une chute vers la crasse qui recouvrait l'ancien carrelage réduit à néant par la végétation environnante. Il déposait le regard sur sa main gauche, plus précisément son annuaire, y voyant son alliance, qu'il n'avait pas enlevé après la perte de sa femme, anneau symbolique qu'il n'enlèverait peut-être jamais jusqu'au jour où il serait libéré de sa solitude, le jour où la mort viendrait le prendre pour le bercer dans son harmonieux chant du silence. Une légère brise caressait ses lèvres beiges, ses cheveux se soulevant avec délicatesse. Il s'essuyait à nouveau le visage de son bras gauche, déposant ce qu'il restait de ses pleurs sur la manche de sa chemise. Il était trop tôt pour abandonner, il n'avait encore rien accompli de ce qu'il lui incombait avant de pouvoir se laisser emporter à tout jamais dans un monde dont il ne connaissait rien. Il se devait de reprendre son courage à deux mains comme il l'avait déjà fait. Il allait devoir retrouver Maverick et le convaincre de se joindre à lui, à nous. Il se devait d'éliminer le chef de la confrérie Prey's Bird pour venger leur perte, la perte de ses deux joyaux les plus précieux. Il briserait en mille morceaux cette association maléfique qui lui avait tout volé. Il soupira longuement avant de retrouver son calme habituel, sa sérénité qu'on lui connaissait. Alors qu'il restait plongé dans ses pensées, un bruit se fît entendre dans son dos, se retournant à moitié, il l'aperçu, cette jeune femme qui s'approchait de lui à un rythme qui montrait sa prudence à son égard. On pouvait lui voir une main posée sur une dague, signe de sa méfiance. Etait-elle un bandit, une adhérente de la confrérie ou simplement une autre âme perdue à sa manière en ce lieu abandonné de toute vie non végétale ? Alors que Rodrick gardait les yeux rivés sur elle, son visage sans aucune expression et les marques salines sur ses joues, il entendit sa voix, celle d'une femme intéressée mais néanmoins hésitante.

- Bonjour, monsieur ?

Le trentenaire s'adressa à elle avec un sourire, lui laissant cette impression de plénitude en guise de première impression. Une plénitude troublée par cette présence d'une tristesse pas si lointaine marquée par ces résidus secs qui décoraient ses joues en de longues trainées verticales. Cette jeune femme lui semblait tout aussi altérée que lui par l'endroit où ils se trouvaient. A première vue, cette jeune femme devait être plus petite que lui, ayant une peau blanchâtre, bien plus pâle que lui qui devait son teint blafard à ses sentiments entremêlés du moment. Son visage attirant était entouré de longs cheveux noirs, de la couleur des abysses qui dévoraient actuellement son coeur blessé. Ses yeux dorés étaient les mêmes que ceux de sa défunte Sophia dont il était éperdument tombé amoureux le jour de sa naissance, son deuxième amour, la deuxième femme de sa vie. La beauté de son visage n'ensorcelait pas le futur démon alors que tout autre homme l'aurait été à sa place. Sa présence en ce lieu cependant, perturbait le jeune homme. Comment pouvait on choisir de venir jusqu'ici seule si l'on a pas besoin d'être seul ? Partageait elle le même besoin de solitude que lui ? Avait elle également besoin de se poser, de se retrouver seule face à elle-même afin de réfléchir, de voir la un autre coté de sa propre personne qu'elle ne trouverait pas en restant parmi la foule populaire des grandes villes et des villages de campagnes devenus si rares en Westeria ?

Il n'avait toujours pas laissé échapper le moindre mot en réponse à la belle demoiselle qui se tenait face à lui, gardant un silence entier et possiblement pesant. Il ne portait aucune de ses mains à ses armes, ne se sentant pas dans le besoin de se préparer à une quelconque défense, il ne la sentait pas hostile. Lui qui était maître de la vérité, il pourrait tout savoir d'elle en quelques questions, mais il ressentait désormais le besoin d'apprendre des gens ce que ces derniers veulent bien lui dire, sans les forcer à révéler leurs secrets. Un peu plus de deux mois s'étaient écoulés depuis que cet être malsain était apparu face à lui, plus de huit semaines durant lesquelles seule la vérité absolue était permise à ses interlocuteurs, il avait besoin d'une pause, d'une vraie discussion dans laquelle il n'était pas le seul libre de ses paroles. Il voulait converser avec quelqu'un d'autre que moi, au moins pour cette fois. Ses lèvres s'écartaient lentement l'une de l'autre, se séparant afin de laisser s'échapper de l'air qui bientôt, grâce aux mouvements de sa langues et de sa mâchoire allaient permettre de laisser sortir des sons. Sa voix calme et assurée éclata pour briser le mutisme ambiant qui s'était invité dans le bâtiment.

- Bonjour ma demoiselle, que faites-vous ici ? N'ayez crainte, je ne souhaite d'altercation avec personne, encore moins avec quelqu'un qui semble aussi troublée que je ne le suis.

Il se tût, laissant apparaitre un nouveau sourire angélique en son visage tiraillé. Le sang qui s'écoulait de sa main commençait à s'arrêter de chuter, stagnant faiblement entre le creux de ses doigts blessés. Ils n'étaient tout deux guère présents ici sans raison et, bien que cette dernière était probablement différente, il était hors de question de faire éclater un conflit en ce lieu de recueillement solitaire. Il tentait de faire son deuil et, bien qu'il savait qu'il n'en serait pas capable en cette journée abstraite, il espérait trouver en celle qui venait de le trouver ici, perdu dans sa mélancolique lassitude, une compagne de choix pour une discussion posée et pleine d'une quiétude nécessaire à son apaisement.



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Lie Volokine
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MessageSujet: Re: Silencieuse mélodie   Mar 23 Déc - 17:13


Silencieuse mélodieRodrick Percevil & Lie Volokine



Qu’est-ce que cet homme faisait là ? Bonne question. Mais qu’est-ce moi je faisais là ? N’est-ce pas mentir de me dire que je me suis perdue alors que je savais où aller ? J’avance dans la vie sans savoir ma destination finale. Je ne sais tout simplement pas où est-ce que je vais. J’avance dans la vie toute seule sans demander de l’aide à personne. Je dois subir tous les jours ce vide qui m’empêche d’aller mal. Néanmoins parfois ce vide est oppressant. Comme maintenant. Tellement oppressant que je me dis que j’aurais dû demander au Diable de me tuer au lieu de me transformer en démon à mon tour. Je suis une diablesse, qu’est-ce que je pouvais espérer de mieux ? Est-ce, mourir, est réellement la solution ? La mort. C’est un si petit mot pour une si grande responsabilité. Une cause si importante qui fait des malheureux tout comme il peut faire des heureux. C’est un passage de la vie que l’on va forcément vivre. Mais qu’est-ce qu’il y a après ? Je ne pouvais pas me résoudre à abandonner. Pas après que l’on m’a sauvé. Pas après que l’on m’a appris l’importance de la vie. Pas après que l’on m’a offert une seconde chance. N’est-ce pas égoïste de ma part de vouloir tout abandonner ? N’est-ce pas stupide de courir après quelque chose que l’on ignore ? Je ne savais pas. J’étais perdue dans les abysses qui venaient de s’ouvrir dans mon cœur, me montrant enfin quelque chose que j’ignorais : toute cette souffrance. Le souci avec mon vœu c’est que forcément, cette douleur doit se répercuter quelque part. Néanmoins je ne pensais pas que ça risquait de causer ma perte.

L’homme en face de moi me parlait, je l’écoutais à peine mais sa douce voix me rassurait, étrangement. Je lâchais ma dague, m’approchant davantage. Néanmoins je laissais un périmètre de sécurité. Je ne supporte pas qu’un homme s’approche trop de moi. Encore moins qu’il me touche. Même s’il n’a pas l’air méchant. Il semblait … Aussi perdu que moi. Aussi malheureux que moi. Aussi troublé que moi. Il se sentait aussi seul que moi. Je voyais qu’il était triste malgré son sourire. Je ne pouvais pas le comprendre. Néanmoins je lui souris en retour. Pour la première fois quelqu’un, un homme, avait le droit à un sourire sincère de ma part. Il y a bien longtemps que je n’ai plus souris de la sorte à un homme. Ou que je n’ai plus souris tout court. J’en avais presque oublié comment faire à force de lancer des regards noirs aux autres. N’est-ce pas merveilleux d’apprendre à nouveau à sourire ? Un simple petit geste, une petite mimique qui change le cours d’une journée. Qui peut même l’illuminer, montrer à quelle point la vie n’est pas si nulle que ça. C’était un sourire plein d’espoir, de bonheur. Un sourire d’enfant presque. Vous voyez duquel sourire je parle ?

« J’étais venue chercher quelque chose, je n’ai trouvé que de vieux souvenirs ici. Et vous, que faites-vous ici ? »

Je devinais bien que lui aussi devait avoir des souvenirs ici. Des souvenirs heureux qui le hantaient et lui faisait mal au cœur. Le souci avec les souvenirs de ce genre, c’est que quand ils ne sont plus là ils nous montrent le bonheur que l’on avait avant. Un bonheur qui nous a filé entre les doigts. Un bonheur que l’on aimerait tellement récupérer. On donner tout pour le retrouver, se sentir aussi bien qu’à cette époque, oublier les soucis en se disant que tout va bien pour nous avec notre entourage qui nous aime. Un bonheur sans fin, encore plus beau qu’au paradis ou ailleurs. Un bonheur tout simplement parfait.

« Je suis Lie Volokine. »

Je restais polie, je venais d’arriver alors c’était à moi de me présenter la première, non ? Je continuais de lui sourire tandis que j’attendais désormais sa réponse qui ne saurait tarder. Je sortis la boîte à musique de mon sac pour la lui montrer. Heureusement elle était toujours en bon état. Je l’ouvris, laissant la musique de la boîte envahir ce lieu abandonné. La mélodie était triste mais ça me rappelait mon père qui m’avait déjà offert la même quand j’étais plus petite.

« Mon père me l’avait offerte quand j’étais plus petite. »

Bon ou mauvais souvenir ? Je ne saurais vous le dire. Mon père a désormais disparu. Ma mère m’a jeté à la rue. Je n’au plus de famille. Je reste seule, mon unique amie est morte. J’ai perdu le peu de dignité que j’avais. Et pour supporter tout cela j’ai demandé au Diable de ne plus souffrir. Néanmoins les souvenirs restaient et me souvenir de mon père me faisait du bien. Je me disais, qu’au moins, un homme m’avait déjà aimé. Et peut-être qu’il m’aimait toujours. Peut-être qu’il me cherche. Ou qu’il m’a abandonné. Tellement de choses sont possibles avec cet homme. Un homme que je ne connais pas et que j’appelle « Papa ». J’aurais tellement aimé être proche de lui. Qu’il me prenne dans ses bras plus souvent. Qu’il me rende visite plus longtemps. Qu’il m’appelle par mon prénom une seconde fois. Qu’il me caresse à nouveau la tête en me disant que je suis une gentille fille. Qu’il me montre un peu plus d’importance. Qu’il me donne des surnoms mignons pour que je fonde sous ses yeux dorés. Qu’il m’affiche un beau sourire. Qu’il me dise au moins une fois qu’il m’aime.


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MessageSujet: Re: Silencieuse mélodie   Ven 26 Déc - 12:57


Silencieuse mélodie

Chapitre IIIème: Simples politesses •



Il est des moments où même le plus radieux des sourires ne peut cacher cette infinie tristesse qui vous ronge. Bien que tentant de tout son être de se montrer son un angle bonifiant, Rodrick ne pouvait mentir sur le fond de son être, il savait que ses dernières paroles et les traces salines sur ses joues le faisaient mentir sur son humeur du moment. Cette jeune femme face à lui avait probablement déjà tiré ses propres conclusions sur son état psychologique en cette journée qui n'en finissait plus de lui causer nostalgie et chagrin. Néanmoins, cette situation avait eu son effet, ce sourire de père réconfortant avait poussé la jeune demoiselle à retirer sa main de son arme de jet, ce n'était pas le but premier, mais au moins ils pourraient converser sans qu'un malaise n'opère à cause de cette position de repli. Le jeune trentenaire était même parvenu à lui tirer un sourire, celui que l'on pouvait voir sur les visages heureux des enfants, le genre qui donne de la rougeur à vos joues, qui vous pousse à limite montrer le bout de vos dents tant vos lèvres sont tirées. C'était le genre de sourire qui pouvait radicalement changer le sens de votre journée, la faire passer d'atroce à un peu plus agréable. Ce ne serait pas suffisant pour que le futur démon oublie les fantômes de sont passés, mais il suffirait à lui réchauffer un peu le coeur.

Elle expliqua ce qu'elle était venue faire en ces lieux comme le lui avait demandé Rodrick, à la recherche de quelque chose de bien particulier, n'ayant trouvé que quelques bribes de souvenirs par ici et par là. Tout comme elle, le technicien déchu était venu ici sur les traces d'une chose bien particulière, ou du moins d'une personne, voir même d'un groupe, mais lui-même savait très bien qu'en venant ici, il ne trouverait rien, juste quelques spectres qui le hanteraient jusqu'à ce qu'il quitte ce lieu devenu inhospitalier. Rien en cet endroit ne pourrait l'aider à avancer dans sa quête, mais il était malgré tout présent ici, sentant le besoin de se rappeler les raisons de son existence sur cette terre rongée par l'être humain lui-même. Tandis qu'il replongeait peu à peu dans ses pensées attristantes, il fût rappelé par la douce voix de son interlocutrice, Lie Volokine qu'elle s'appelait, il ne m'en avait rien dis de mauvais de cette jeune femme, elle devait être perdue et hantée par ses propres souvenirs tout comme Rodrick. Le jeune trentenaire ne lui répondit pas tout de suite, gardant le silence, laissant tout cela peser sur la discussion, laissant à Lie l'occasion d'aller plus loin dans ses présentations.

Alors que le silence restait intact, une douce mélodie venant de la jeune femme résonna en ces lieux pour briser la pesante absence sonore qui régnait. Une bien triste mélodie pour rappeler des souvenirs tout aussi déchirants. Le présent d'un père à sa jeune fille qui vraisemblablement ne pouvait plus se rattacher à lui. L'affectante disparition d'un proche dont nous n'avons plus de nouvelles, à tort ou à raison, par choix ou par obligation, cette sensation d'abandon qui vous gagne lorsque leurs visages réapparaissent dans votre tête et que vous sentez qu'ils vous manquent mais que vous ne pouvez rien faire pour les ramener auprès de vous, l'incapacité de vous blottir contre eux, de les serrer dans vos bras. Rodrick partageait ce genre de sentiments avec la jeune Lie dont il ignorait encore la provenance et dont il n'imaginait même pas l'appartenance aux démons. Alors que la musique s'arrêtait pour laisser au silence le droit de reprendre sa place, le futur démon délia ses lèvres pour à son tour prendre la parole de sa voix calme et réconfortante.

- Je suis venu ici à la recherche de quelque chose, de quelqu'un. Mais plus je regarde autour de moi, et plus je me dis qu'en fait, ce que je cherchais ici, c'était juste un lieu pour me souvenir, me rappeler de pourquoi j'ai emprunté la route qui est la mienne.

Alors qu'il se taisait à nouveau, il sortit de la poche intérieur de sa veste une photo abîmée par le temps, il faudrait qu'il la face mettre dans un pendentif afin de la garder en l'état. Sur cette dernière, trois personnes, un homme, une femme, une fille, lui et les deux femmes de sa misérable vie n'ayant presque plus aucun sens. Tirant un sourire mêlant joie et tristesse, il continua.

- J'avais besoin d'un lieu où je pourrais me rappeler d'elles quelques instants sans repenser au triste souvenir final de notre histoire.

Il tourna le dos quelques instants à Lie, jetant à nouveau le regard vers l'extérieur, florissant d'une végétation qui reprenait ses droits et qui avait bien raison de le faire. Il déposa le bout de ses doigts sur la vitre qui présentait quelques fissures, percevant parmi la flore environnante, la faune qui elle aussi revenait petit à petit en ce lieux construit de toute pièce par l'homme. Laissant échappé un très léger et presque inaudible rire nerveux, il reprit de plus belle.

- Ces lieux me rappellent leurs rires, leurs sourires, des moments passés ensemble où rien ne pouvait venir nous gâcher la journée, hormis peut-être mon porte-feuille qui se trouvait vide.

Un autre rire nerveux venait alors remplir à nouveau la pièce alors qu'il se tournait à nouveau vers son interlocutrice. Il faisait quelques pas en avant vers la jeune femme avant d'afficher un sourire d'une chaleur inégalable, il tendit la main vers la jeune démone, gardant son sourire intact, sa voix venait alors briser tout cela.

- J'en oubliait presque les politesses, je me nomme Rodrick Percevil, ancien technicien de haut rang. Si vous le désirez, je peux rendre à votre souvenir musical toute sa beauté du premier jour, il me faudra juste quelques outils et le tour sera joué.

Après tout, si cela pouvait rendre cette journée plus belle à la jeune demoiselle, Rodrick ne s'en priverait pas, qu'au moins un des deux trouve son coeur réconforté.



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Lie Volokine
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MessageSujet: Re: Silencieuse mélodie   Dim 11 Jan - 20:48


Silencieuse mélodieRodrick Percevil & Lie Volokine



Pendant que je parlais, l’homme en face de moi ne réagit pas. Pendant plusieurs minutes, le blanc qu’il y avait entre nous laissait place à la douce mélodie triste légèrement abîmée elle aussi à cause du temps.  Elle aussi avait l’air d’être triste, reflétant tous mes souvenirs d’enfants. Ma vie défila sous mes yeux brusquement. Chaque année, mon père venait, les bras chargés de cadeaux. Il avait un sourire sincère et un regard bienveillant vis-à-vis de moi. Pendant quelques instants, j’étais l’amour, la chérie, le trésor de quelqu’un. Quelque chose que quelqu’un chérissait. Pendant une journée, je souriais, sachant que la personne en face de moi faisait de même car il partageait ce même sentiment de sérénité, de bien-être. C’est comme si à cette époque nous étions liés, lui et moi. Avec un seul regard on se comprenait. Nous n’avions pas besoin de mots pour nous comprendre. Pas besoin de perdre de temps pour commencer à s’aimer. Le premier regard que je posais sur lui me disait tout : qu’il était gentil, adorable, généreux et aimant. Et je n’avais pas eu tort le concernant. Avec lui, je n’avais jamais manqué de rien. Je débordais d’amour, de jouets, de câlins et de bisous. Tout ça le temps d’une journée seulement. Mais chaque année c’était la journée que j’attendais avec impatience. Voir mon père. Tous les ans, il ne manquait pas le rendez-vous. Tous les ans, il venait et me montrait combien il était fier de moi.

Et tous les ans, à chaque fois qu’il partait je finissais en larmes.
Et tous les ans, nous avions fait le maximum pour partager tout ce que l’on pouvait avec l’autre.
Et tous les ans, on se faisait des promesses que l’on ne tenait pas pour l’année prochaine.
Et tous les ans, on faisait le même vœu en se disant qu’on le tiendrait un jour.

Savoir son papa disparu, peut-être mort, c’est dur. Savoir que la seule personne qui pouvait nous rendre heureux n’est plus à nos côtés, c’est dur. Je baissais la tête et surtout les yeux. Je pensais à lui, m’avouant qu’il me manquait énormément. Je me demandais s’il me cherchait. Ou s’il avait pendant plusieurs années fait la comédie avec moi. Après tout il avait toujours refusé que je visite chez lui et prétextait beaucoup de travail, comme s’il cachait quelque chose. Brusquement encore, alors que les abysses prenaient place dans mon cœur, j’eu à nouveau les larmes aux yeux. Je reculais, ne voulant pas montrer cet aspect si faible de moi. Parce que ça ne me ressemble pas. Parce que je n’ai plus besoin de papa. Parce que je ne veux plus que l’on m’aide. Les personnes qui m’aident finissent toujours mal. La boîte finit enfin de diffuser la musiques et mes souvenirs disparaissaient tout comme mes larmes. Je ne sais pas pourquoi, mais petit à petit je commençais à perdre le contrôle de mon corps.

L’homme en face de moi me dit qu’il était venu chercher quelqu’un mais qu’en vérité il était venu ici pourquoi il avait choisi un chemin particulier. Suite à cela, il sortit une photo en ayant un air triste de sa poche. Il voulait se rappeler « d’elles ». Sa femme et sa fille ? Je ne voyais pas la photo mais je ne demandais pas non plus à la voir. C’était à lui de décider si oui ou non, il voulait partager ce souvenir avec moi. Je restais là, droite, immobile à l’écouter attentivement. Il avait de bons souvenirs. Même si son portefeuille disait le contraire. Je lui fis un sourire compatissant, lui montrant que je l’écoutais vraiment. Il parlait des sourires, des rires. Que de bons souvenirs qui faisaient mal. Pourquoi ? Parce que ce sont des moments du passé que l’on ne pourra plus jamais revivre. Et cette idée fait mal au cœur. Dos à moi, il finit par se retourner et s’approcher en me tendant sa main. Cette attitude m’étonna. Je reculais d’un pas, l’observant sans comprendre. Il me serrait la main en se présentant. Et me proposa même de réparer ma boîte à musique. J’hésitais puis je finis par serrer sa main. Je pris sur moi. Je ne pouvais pas le rejeter maintenant. Je sentis la chaleur de sa main dans la mienne. C’était … étonnant. Ca faisait longtemps que je n’avais pas serré la main d’un homme. Après cela , ce fut comme un automatisme, je reculais pour récupérer mon périmètre de « sécurité ». Néanmoins je ne touchais pas à ma dague. Je ne sais pas pourquoi, mais brusquement j’avais l’impression que je pouvais lui faire confiance. Je devais quand même faire attention.

« Si vous avez vos outils sur vous, pourquoi pas. »

Après je ne voulais pas l’embêter hein. Mais me souvenir de mon père  … je donnerais beaucoup pour que je puisse m’en souvenir sans avoir de réaction stupide de mon corps. Je gardais mon sourire, je ne voulais pas l’angoisser en lui montrant qu’en fait, au fond de moi, c’est vide. Qu’il n’y a rien que je ressens en réalité. Je lui tendis la boîte à musique.

« C’est sinistre comme endroit. Et pas super sécurisé, m’étonnerais pas qu’il y ai des monstres ici. »

Ok c’est stupide. Mais je ne savais pas trop quoi dire. Et j’estimais en avoir assez dit sur moi à un homme que je ne connais pas. Je m’éloignais légèrement pour observer les dégâts. Et surtout mère nature qui avait repris le dessus. C’était moche à voir.

« Au fait, je suis de Westeria. Et vous ? »

Et non, je me vois mal lui dire que je suis une diablesse. Dire ça à un humain ? Je veux faire sa connaissance, pas me faire lancer de l’eau bénite à la gueule ! Bizarrement l’imaginer me lancer ça en plein figure me fit pouffer de rire. Après tout, qui se traîne de l’eau bénite sur lui ? Même le pape ne le fait pas. Je commençais juste à dérailler psychologiquement à ce moment-là. Mais je ne m’en rendais pas compte.


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MessageSujet: Re: Silencieuse mélodie   Mar 27 Jan - 21:50


Silencieuse mélodie

Chapitre IVème: L'éveil de la faune •


Il n’est de plus horrible ennemi que la solitude, cette sensation d’abandon qui peut faire courber l’échine à n’importe quel homme, qu’il soit le plus puissant sous les cieux ou le plus courageux des serviteurs divins, ce sentiment est le pire adversaire de l’humanité toute entière. Rodrick comme tout autre avait cette passe par laquelle il devait passer à un moment de son existence, c’était le moment présent. Cherchant malgré tout à sortir la tête de l’eau, il allait un jour parvenir à transformer cette faiblesse que sont ses souvenirs en une force inégalable capable de le pousser toujours plus loin et de l’emmener vers la réussite. Dans ce centre commercial, il venait de rencontrer Lie, une jeune femme dont il ne savait rien hormis la détresse semblable à la sienne. Dans son infinie gentillesse, le jeune Westerien s’était proposé à réparer la boîte musicale que tenait entre ses mains son interlocutrice. Cette dernière accepta la proposition à condition que le technicien déchu ait ses outils avec lui. Quel homme proposerait son aide s’il en avait pas les moyens d’y parvenir ? Pas le jeune trentenaire en tout cas, ça ne lui ressemblait pas du tout. Alors que la jeune femme lui tendait l’objet de son amour, il le prit délicatement entre ses doigts afin de l’observer soigneusement et ainsi parvenir à réaliser son objectif, la réparation totale de la petit boîte mélodique. Il ferma les yeux quelques fractions de secondes afin de ressentir les composantes de la boîte, de la paume de la main, de très légères liaisons se firent avec l’objet, Rodrick percevait les différentes ressources qui avaient servies à modeler et façonner ce dernier, rien de bien compliqué pour le jeune Westerien qui allait se faire un malin plaisir d’éclaircir la journée bien triste de sa nouvelle rencontre. Sortant de la poche intérieur de sa veste un couteau suisse de petite taille, il ouvrit délicatement la boîte et y fît quelques petites réparations avant de la refermer comme si de rien n’était. L’intérieur était désormais comme neuf mais l’extérieur quant à lui, montrait toujours des signes de souffrance suite au temps qui passe. Se retournant vers la jeune femme, le trentenaire lui tendit le cadeau de son père qui fonctionnait désormais parfaitement. Alors que cette dernière avait parlé, il ne s’était pas intéressé à ce qu’elle avait bien pu lui dire, trop occupé à travailler sur l’objet qu’elle lui avait remis. Le sourire aux lèvres, il s’exclama.

- Elle fonctionnera comme neuf désormais, le son sera celui de ses premiers jours et il n’y aura plus de bruits de grésillements lors de la musique. Pour l’extérieur cependant, hormis une petite couche de peinture, je ne vois rien à faire. Et comme vous pouvez vous en douter, je ne me promène pas avec de la peinture sur moi navré.

Il était plutôt content de lui, après tout, l’objet allait à nouveau fonctionner comme s’il sortait tout droit d’un étage de l’une des échoppes présentes ici lorsque le centre commercial était encore en fonctionnement et que les produits vendus ici étaient de haute qualité tant les exigences de la clientèle étaient élevés. Alors qu’il se délestait de la boîte à musique, Rodrick perçut un bruit au loin, au même étage qu’eux semblait-il mais malgré tout à une certaine distance de là. Perdant son sourire des lèvres et posant sa main droite sur l’un de ses desert eagle, celui de sa femme pour être plus précis, il passa à coté de Lie afin de voir plus loin, voir au-delà des murs de cette vieille cafétéria délabrée. D’un ton bien plus sérieux qu’auparavant, il s’exprima à la jeune Westerienne.

- Vous qui parliez de monstres, au vu du bruit qui vient de résonner dans l’étage, je ne serai pas non plus surpris qu’il y en ait par ici. Après tout, l’endroit est déjà abandonné depuis belle lurette, la flore a repris ses droits, alors la faune est également de retour. Pour information, je suis également Westerien, ancien technicien de haut rang, je ne suis plus aujourd’hui qu’un simple citoyen. Mais trêve de politesses, il y a du mouvement là-bas.

Là-bas, c’était une demi-douzaine d’ombre que Rodrick voyait arriver dans leur direction. Fort probablement attirées par la mélodie jouée par la boîte de Lie, ces créatures devaient plus que certainement avoir un petit creux et allaient tenter de se rassasier sur les corps des deux jeunes gens qui n’avaient pourtant rien demandé à personne.

Les six créatures ne touchaient point le sol, ailées, elles se déplaçaient à mi-hauteur en employant leurs membres à plumes. Ces bêtes étranges possédaient malgré leurs ailes un corps féminin dont les membres liés au déplacement étaient remplacés par ceux d’un volatile. Pourvues donc d’une paire d’ailes et de deux pattes aux serres létales, ces monstres ne seraient certainement pas une partie de plaisir pour les deux jeunes gens qui allaient devenir un duo formé bien malgré eux afin de survivre à cette attaque pour le moins inattendue. Ils allaient donc avoir à combattre des harpies, monstres capable de détruire une ville en très peu de temps tout en ne laissant derrière aux que très peu de cadavres. En voir un si petit nombre en même temps était chose rare, il faut croire que dans leur manque de chance, le duo en avait quand même un peu. Probablement issues d’une nouvelle colonie située non loin de là, cette demi-douzaine de créatures n’allaient malheureusement pour elles jamais revoir leurs congénères une fois que Rodrick et Lie en auraient terminé avec elles. Dégainant son arme de la main droite et enlevant le cran de sécurité, le jeune trentenaire pointa le canon de son arme vers le groupe en route vers eux et tira une première balle qui ne toucha aucun des monstres. Surpris par le coup de feu, le petit groupe se sépara en plusieurs autres petits groupes de deux. Sortant son second desert eagle, Rodrick fît deux pas vers l’avant et se retrouva désormais dos à dos avec Lie. D’une voix sérieuse, il s’adressa à elle.

- Il est temps désormais de faire équipe, histoire de finir notre discussion une prochaine fois.

Son rictus amusé à l’approche d’un combat affiché aux visage, le technicien déchu était prêt, plus que prêt.


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MessageSujet: Re: Silencieuse mélodie   Mer 18 Mar - 21:52


Silencieuse mélodieRodrick Percevil & Lie Volokine



Je l’observais faire. Il réparait ma boîte. Enfin, à proprement parlé elle ne m’appartenait pas vraiment. Mon père ne m’avait pas offert cette boîte à musique précisément. Non parce que la mienne était perdue. Elle n’existait sans doute même plus. Après tout je n’ai plus aucune affaire, aucun cadeau, de photos qui peut venir de mon père à chérir. J’ai tout perdu. Ma seule et unique amie, ma dignité et mes cadeaux. Désormais il ne me restait que des souvenirs heureux qui me hantaient nuits et jours. Dans le passé mes souvenirs me faisaient mal. Parce que je savais que tout était terminé. Que je ne pourrais plus sourire comme avant. Comme quand j’avais la joie de vivre. Comme quand j’étais tout simplement enfant. Parce que les souvenirs reviennent sans te demander ton avis pour te montrer ton passé. C’est à cause de ce bonheur passé que j’y reste attachée. Car je me dis qu’un jour, je réussirais peut-être à sourire à nouveau. Je ne sais pas vraiment si c’est un rêve réalisable. Mais c’est un de mes souhaits les plus chers. Malgré la douleur qu’inflige un souvenir, malgré ce vide que peut créer en moi désormais, je veux rester accrochée à quelque chose. Je veux survivre. Je m’y prends mal. Mais je veux pouvoir respirer enfin sans savoir que chaque respiration me brûle les poumons. Je veux vivre, tout simplement.

Quand il me tendit la boîte à musique tout réparée, il me dit qu’il ne manquait plus qu’un coup de peinture et elle serait comme neuve. Je ne voulais pas lui mettre de coup de peinture. Je voulais la conserver telle quelle. Parce que si je n’avais pas perdu la mienne, elle serait sans doute pareille. Donc en souvenir à mon père, je ne la repeindrais pas. L’émotion était forte, trop forte sans doute car je ne me rendis pas compte que j’avais les larmes aux yeux tellement ce cadeau me faisait plaisir. Oui c’est stupide pour certains de rester attaché à son passé, mais n’est-ce pas avec celui-ci que l’on peut avancer ? Un énorme sourire apparut sur mon visage alors que quelques larmes de joie coulaient le long de ma joue. Immédiatement je les essuyais du revers de ma main et reprit rapidement mes esprits. Néanmoins mon sourire ne quitta pas mon visage. Etrangement, intérieurement je sentis un bonheur immense et un gouffre qui continuait de se creuser. C’était ce gouffre que j’avais désiré afin de ne plus sentir la douleur. Pourquoi ? Je ne sais pas pourquoi je sentis ce vide à ce moment-là. Est-ce douloureux de retrouver un ancien souvenir ? Je pense. Surtout si ce souvenir est un souvenir heureux qui ne reviendra jamais. Jamais.

« Excusez-moi, je ne suis pas du genre à être émotive mais là … »

Mais là c’était important ? Mais là ça représentait beaucoup à mes yeux et surtout à mon cœur ? Mais là je pouvais enfin me raccrocher à quelque chose ? Mais c’est idiot de se raccrocher à un simple objet. Parce que l’on peut perdre cet objet. On peut le casser. On peut même le donner pour que quelqu’un ait le sourire juste le temps d’une journée. Ou le temps d’une vie.

Alors que j’étais perdue dans mes pensées, je secouais la tête pour écouter ce qu’il disait. Il était aussi Westerien. Oh, bah y’avait des chances que l’on puisse communiquer correctement alors. Au moins on aura vécu dans la même région donc on saura ce que sont des voitures volantes par exemple. Parce que oui, j’ai vu des cas … Enfin bon, là n’est pas la question. On entendit du bruit. J’avais effectivement vu les ombres et les mouvements au loin. Je cherchais autour de moi une cachette et trouvais rapidement un coin plein de plantes pour cacher ma boîte à musique. Ça serait bête de la casser alors qu’il venait à peine de me la réparer. À mon tour, je sortis une arme à feu. Et j’avais une main sur un de mes dagues. Je ne connais pas l’ennemi après tout. Mais il ne tarda pas à pointer le bout de son nez ! Parce que qui voilà ? Des harpies ! Et ça, ce n’est pas commode. Je sentis quelque chose toucher mon dos. Automatiquement j’avançais de quelques pas. Je n’ai pas l’habitude de sentir quelqu’un me coller de cette façon. Et encore moins un homme.

« C’est bête, je trouvais les harpies jolies de base. »

Des ailes à la place des bras et des serres à la place des pieds. Elles n’étaient pas moches. Juste puissantes et trop violentes. Quand l’une d’elles commençait à s’approcher en montrant les crocs, je n’hésitais pas à lui tirer dessus. Ma balle toucha son aile et la voilà tomber au sol, soulevant toute la poussière et la crasse que pouvait contenir ce lieu si sale. Folles de rage, elles me mirent toutes à pousser un hurlement pour montrer leur mécontentement.

« Hey ! Je ne vais pas me laisser bouffer par une chipie non plus ! »

Je dis ça d’une façon assez décontractée. Je n’avais pas peur et je ne pouvais avoir peur. Merci mon Diable. De plus je ne sentais pas la douleur physique alors elles pouvaient me couper un bras, je ne sentirais rien. Une autre fonça sur nous. Je ne sais pas pourquoi, peut-être est-ce parce qu’il m’a offert quelque chose de précieux, mais je poussais violemment mon « partenaire de combat » pour qu’il évite les serres d’une harpie qui arrivait par derrière. Sauf que sans que je ne m’en rende compte, je me retrouvais en train de voler. Elle volait haut en plus. Elle m’avait attrapé à sa place, enfonçant ses serres dans mon bras. Le liquide rougeâtre coulait le long de ma main. Néanmoins je ne sentis rien. Non aucune douleur. Alors avec mon autre main, je rangeais mon arme à feu et m’agrippa à sa serre. Elle pensait sérieusement me faire mal ? Cela l’étonna et la déstabilisa légèrement. Je souris. C’était un sourire malsain. Même si c’était dangereux, je m’en fichais. Enfin un peu d’adrénaline ! Plusieurs harpies me tournaient encore autour alors que d’autres avaient disparues. Sans doute pour s’en prendre à mon « partenaire ». Fallait que l’on s’occupe d’elles et vite.

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MessageSujet: Re: Silencieuse mélodie   Sam 21 Mar - 11:03


Silencieuse mélodie

Chapitre Vème:  •


Elles fonçaient sur eux, vives mais désormais désorganisées, les créatures ailées aux griffes acérées voulaient leur mort pour avoir frôlé un territoire protégé par leurs soins. Alors que le premier tir de Rodrick visant à les séparer ne touchait aucune bête, sa partenaire de combat du jour quant à elle se retourna à son tour pour prendre part à ce combat qui ne fait faisait que commencer face à groupe de monstres bien remontés. Un nouveau bruit retentit dans l’air alors que le trentenaire n’avait point tiré, Lie aussi laissait l’une de ses balles fendre l’air pour cette fois atterrir dans l’aile de l’une des monstruosités qui arrivait sur leur duo. La créature s’écroula sur le sol, levant dans sa chute une grande quantité de poussière qui se trouvait là au centre des gravas amassé par le temps et les attaques de la faune et la flore au sein des lieux. Le Westerien observait la bête se redresser et hurler en compagnie de ses camarades qui ne semblaient pas non plus apprécier ce que la jeune femme venait de faire subir à leur partenaire. Alors que l’une d’entre elle plongeait sur le duo, le futur démon levait son arme vers elle afin de lui tirer entre les deux yeux. Malgré sa précision dépassant celle du commun des mortels, il n’eut pas l’occasion de tirer car il fût violemment poussé sur le côté par sa partenaire qui ne semblait pas vouloir qu’il risque de se prendre une attaque de la bestiole de plein fouet. Se retrouvant lui aussi au sol au milieu de la crasse, il se releva, vêtements poussiéreux et un goût pâteux en bouche et tourna le regard vers la gauche où Lie ne se trouvait plus. La cherchant du regard, il la trouva dans les airs, retenues prisonnière entre les serres d’une de ces créatures abjectes que la jeune femme semblait pourtant à la base trouver plutôt jolies. Laissant échapper un soupir car il ne comprenait pas trop l’intervention de sa partenaire, il s’abaissa pour ramasser ses armes, ses deux précieux Eagles qu’il ne quittait jamais. Il levait de nouveau le regard vers la jeune Westerienne et constata que malheureusement, il ne pourrait tirer de là où il était sans risquer de blesser sa nouvelle relation, il allait donc de voir ruser afin de parvenir à libérer cette dernière de son ravisseur ailé.


Deux monstres plongeaient sur lui avec vivacité, il ne bougeait pas d’un pouce, fermant les yeux quelques instants, l’espace d’une demi seconde afin de les sentir s’approcher, entendre leurs ailes déchirer l’air, leurs cris froisser ses tympans entrainés aux tapages tels que ceux-ci, il respirait lentement, concentré et imperturbable. La première créature arrivait à sa hauteur, rouvrant les yeux, il l’esquiva sans difficulté pour qu’elle finisse sa course dans la pilasse située derrière lui, il ne se préoccupait désormais plus d’elle, il viendrait à son secours après s’être défait des deux atrocités qui lui faisaient face. Le second monstre était à sa hauteur, il se décalait d’un pas pour éviter les serres de la bête et asséner un coup de talon à l’arrière de sa nuque alors qu’elle était encore au sol. Tirant une balle dans chacune des ailes de la harpie, lui arrachant toute chance de pouvoir fuir par voie des airs, il se tourna désormais vers celle qui, s’étant encastrée dans la pilasse, était encore sonnée du choc. Ce qui lui servait de fesses au sol, Rodrick s’approchait du monstre et plongeait son regard froid sur son visage ensanglanté. Pointant son arme vers elle, il tira sans sourciller et observa un fin filet de sang couler le long du visage de la bête alors que la balle restait logée dans son crâne. De retour vers la première qu’il avait blessé dans ce duo, le trentenaire ne s’arrêta pas, assénant un énorme coup de semelle sur le crâne du monstre qui gicla sur le sol, laissant entrevoir quelques délicieux morceaux de cervelle au milieu de toute cette poussière ambiante. Satisfait, il allait désormais pouvoir s’atteler à secourir sa partenaire, du moins si elle en avait encore la nécessité.

Si tel était le cas, le futur démon ne raterait pas l’occasion de se montrer comme le preux chevalier qu’il est et venir au secours de cette charmante demoiselle en détresse.


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